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Le parking, un défi et une solution d’avenir pour la circulation en milieu urbain

Le parking, un défi et une solution d’avenir pour la circulation en milieu urbain

Les parkings dans les villes jouent un rôle important dans la gestion de la circulation et la sécurité des piétons et des automobilistes. Seulement, avec le nombre toujours grandissant de véhicules à moteur, trouver une bonne place pour stationner en ville devient assez compliqué. L’essor des parkings privés ou semi-privés, la réforme du stationnement et l’évolution des mentalités vis-à-vis des voitures en ville devraient apporter du renouveau dans ce secteur. Explications. 

Dans quel cadre construire un parking ? 

La pénurie de parkings n’est pas un problème récent. La question a même fait l’objet de nombreuses discussions au sein du gouvernement et dans les forums. La construction de nouvelles aires de stationnement et de parkings sous-terrains n’a fait que retarder l’inévitable. 

Depuis quelques années, trouver une bonne place de parking en ville – essayez donc au cœur de Paris ou de Marseille à l’heure de pointe – demande beaucoup de temps et de persévérance. Aussi, les parkings privés, gérés par des particuliers ou des entreprises spécialisées, se sont multipliés. La législation a même été adaptée pour accélérer l’aménagement de nouveaux parcs de stationnement.

Déclaration de travaux ou permis d’aménager ?

L’aménagement de ces infrastructures est réglementé par le Code de l’Urbanisme, malgré leur utilité publique. Tout projet planifié en ce sens doit ainsi respecter un cadre légal. 

L’article R.421-13 exige notamment une déclaration de travaux pour l’aménagement ou la construction d’une aire de stationnement ouverte au public pouvant accueillir entre 10 et 49 véhicules motorisés. Cette règle s’applique même aux garages collectifs destinés aux caravanes. Par contre, les parcs de stationnement d’un immeuble d’entreprise ne sont pas considérés comme étant ouverts au public et n’ont pas cette obligation.. 

Si la capacité de l’aire de stationnement dépasse les 50 unités motorisées ou 40 m², le permis de construire ou d’aménager est obligatoire. Les règles en matière d’usage de sols excluent par ailleurs certaines zones, notamment les zones agricoles, des espaces éligibles à un aménagement d’espace de parcage.

Des travaux d’aménagement dans un cadre légal 

Le recours aux services d’une entreprise de construction certifiée n’est pas obligatoire pour la construction d’un parking soumis à une simple déclaration de travaux. Ce n’est pas le cas des aménagements nécessitant un permis de construire. 

Certains types de travaux, comme l’édification de garages en forme de préau, de carport ou d’appentis, exigent par contre une autorisation préalable. Cette obligation est valable indépendamment des matériaux de fabrication (en kits préfabriqués, en acier, en bois, en béton) ou du type de structure. 

La réforme du stationnement de janvier 2018

Un autre changement majeur explique l’intérêt grandissant des collectivités et des organismes privés pour l’aménagement de parkings. Il s’agit de la réforme du stationnement payant, en vigueur depuis janvier 2018. 

Ce qui change avec la réforme du stationnement de janvier 2018

Avant 2018, le service public du stationnement, délégué aux collectivités, fixait une amende pénale unique de 17 €, appliquée aux conducteurs qui ne réglaient pas leur redevance de stationnement immédiate ou qui pratiquaient le postparcage. La réforme de janvier 2018 dépénalise le stationnement payant et introduit une nouvelle formule, appelée forfait de poststationnement ou FPS. 

Contrairement à l’amende pénale unique, le montant du FPS dépend de la politique de stationnement public de chaque commune. Le FPS est exigé aux conducteurs qui ne paient pas ou qui règlent une partie seulement de leur redevance de stationnement due immédiatement.

Autre nouveauté, la réforme donne aux collectivités le plein pouvoir dans le pilotage et la gestion de leur voirie publique utilisée comme lieu de stationnement payant. Chaque commune peut ainsi fixer sa stratégie de parcage, ses propres redevances de stationnement et ses propres FPS. La réforme autorise même l’externalisation du service public de parcage à un tiers de droit privé. Cela peut être une entreprise spécialisée, un organisme à but non lucratif… ou un particulier. 

Le paiement de la redevance et du FPS majoré 

Le mode de règlement de la redevance de stationnement immédiate n’a pas changé. Par contre, l’amende pénale de 17 € est remplacée par le FPS, lequel est encaissé par la collectivité via un tiers contractant, en régie ou par le biais d’un autre moyen de paiement mis en place par l’ANTAI et la DGFiP. Le forfait de poststationnement est notifié par voie postale ou par opposition d’un avis sur la voiture concernée.

Si le FPS n’est pas réglé dans les 3 mois suivant la notification, il est majoré de 20 %, avec un minimum de 50 €. L’Agence nationale de traitement automatisé des Infractions (ANTAI) émet alors un titre exécutoire, assorti d’un avertissement au propriétaire du véhicule et une liste des modes de règlements acceptés.

La voiture en ville, quel avenir ?

Paradoxalement, l’essor des nouveaux parkings en milieu urbain accompagne une autre tendance. Plusieurs chiffres indiquent en effet que les habitants des grandes villes européennes délaissent peu à peu leur voiture particulière au profit des transports en commun. En Suisse, par exemple, le taux de propriété automobile dans les grandes villes atteint à peine 50 %. Ce chiffre ne progresse plus depuis 2000 et tend même à baisser depuis quelques années. Cette tendance affecte aussi les autres grandes métropoles, dont Paris.

Les citadins préfèrent de plus en plus le covoiturage, le partage de voitures, les transports en commun et les locations de courte durée pour leurs trajets quotidiens. L’opinion est aujourd’hui plus sensibilisée sur les problèmes de pollution liés aux voitures. L’aspect « branché » de cette attitude écolo séduit beaucoup, sans oublier la fluidification du trafic urbain grâce à la diminution du nombre de véhicules en circulation. 

Cette mutation n’échappe guère aux pouvoirs publics et aux constructeurs. Ces derniers imaginent et proposent déjà des alternatives ambitieuses, mais réalisables, à la voiture individuelle. Les projets de centres-villes articulés autour des piétons ou de véhicules autonomes tout électriques pour l’autopartage se multiplient. 

Une petite ville espagnole a même interdit les véhicules motorisés dans ses murs depuis 15 ans. La circulation des riverains et des livraisons échappe à cette interdiction. Les habitants et les visiteurs de la ville de Pontevedra se félicitent volontiers de cet exploit. D’autres concepts, comme le taxi collectif, le minibus connecté, le tram-fret – un tramway électrique qui ne transporte que du fret – et le véhicule autonome promettent un avenir radieux pour la circulation en milieu urbain. 

Néanmoins, peu importe l’ampleur et le caractère innovant de ces projets d’aménagement urbain, le problème du « dernier kilomètre » se pose toujours. Les résidents des grandes villes préfèrent encore conduire une auto pour se rendre à la gare du train ou du tramway, à l’arrêt du bus ou sur leur lieu de travail. Les parcs de stationnement restent de fait incontournables, même dans un futur où les habitudes de circulation en ville seront résolument modifiées. 

La location de parking entre particuliers en pleine explosion

Face à cette perspective, de plus en plus d’entreprises et de particuliers misent sur les parkings privés. Le format aire de stationnement imposant et incommode laisse peu à peu place aux espaces de parking aménagés, détenus et gérés par des particuliers. La location de parking entre particuliers gagne ainsi une part de marché toujours plus significative. 

Cette solution maligne présente par ailleurs plusieurs avantages, à la fois pour le loueur et pour le locataire. 

Cette solution génère un supplément de revenus pour un particulier qui dispose d’une place de parking et qui connaît les périodes de vacances de cet espace. Ce genre de proposition, sous couvert de l’entraide entre voisins, a aussi bonne presse auprès des automobilistes, souvent découragés par les tarifs des aires de stationnement payant de leur cité. Avec ce format, le loueur fixe librement le montant et les conditions de la location.

Pour le locataire, la location de parkings entre particuliers lui fait économiser du temps et de l’argent. Plus besoin de chercher de longues minutes, de faire le tour de plusieurs blocs d’immeubles, pour dénicher une place libre. Une étude affirme qu’un automobiliste parisien gaspille en moyenne 6 jours par an, rien que pour chercher des places de parking. 

La location de parking entre particuliers corrige cet état de fait. Les transactions ne se font pas en tête à tête. Des plateformes et applications comme ParkMatch existent pour mettre en relation les locataires et les loueurs. 

Les emplacements des places vacantes sont indiqués sur une carte, qui peut être synchronisée avec le GPS de la voiture. Tous les renseignements sur la place convoitée sont précisés : le coût horaire, les conditions de la location, les heures de disponibilité, etc. Il ne reste plus alors qu’à réserver le parking le plus proche et le mieux adapté, de valider la location et le tour est joué. La plateforme de location s’occupe de gérer les réservations et les paiements des locations. 

Souvent, comme dans le cas de ParkMatch, les contrats validés – les locations en cours – sont couverts par une assurance. Fini donc la crainte de voir son rétroviseur volé, sa vitre cassée ou sa carrosserie rayée, sans aucune possibilité de réclamation au gestionnaire du parking. Ces incidents sont entièrement couverts par le contrat de location. Cette mini-solution de gestion de trafic et de stationnement en ville est bien réelle, opérationnelle et accessible dès aujourd’hui.

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